Allons de l'Avent

Allons de l'Avent

"Au vent mauvais" [1]

Nous voici donc fin novembre : chaque matin, le jour se lève plus difficilement et chaque soir la nuit nous surprend plus tôt.
Les temps sont quant à eux bien incertains. Notre horizon de vie restera bouché pour une durée encore indéterminée. Les lueurs d’espoir qui y scintillent s’appellent vaccin, reprise économique.
Mais nous savons bien que ce ne sont là que des sursis, que globalement notre humanité ne va pas vraiment vers des jours meilleurs et que les difficultés vont continuer de s’accumuler sur notre route. Et qu’elles risquent de provoquer de nombreux dégâts dont la pandémie actuelle pourrait bien ne constituer que les prémices.

Et chaque matin pourtant, il nous faut retrouver l’énergie, la motivation, l’espérance nécessaires pour aller de l’avant, malgré tous ces vents contraires.



Fort heureusement, nous finissons le plus souvent par la trouver, cette force dont nous avons tant besoin.
Pour ne pas trop penser au futur, nous nous concentrons sur le moment présent et le jour qui vient. Le Christ ne disait-il pas « A chaque jour suffit sa peine »[2] ?

AnthropoceneL’anthropocène

Car les prévisions pour le futur sont effectivement pessimistes. Le titre d’un livre à succès les résume parfaitement : « Comment tout peut s’effondrer ! »[3]. Il est paru en 2015. S’il était édité aujourd’hui, peut-être s’intitulerait-il « Comment tout à commencer à s’effondrer ! »

Les rapports des scientifiques et les prévisions qu’ils contiennent ressemblent effectivement plus à un scénario de film d’horreur qu’à une comédie sentimentale. Le terme qui désigne cette période dans laquelle nous sommes entrés est l’anthropocène. Il s’agit de « la période durant laquelle l'influence de l'être humain sur la biosphère a atteint un tel niveau qu'elle est devenue une « force géologique » majeure. La période la plus récente de l'anthropocène est parfois dite la grande accélération, car de nombreux indicateurs y présentent des courbes de type exponentiel. » [4]

 

No future ? No future Banksy

Difficile donc de savoir comment aller de l’avant lorsqu’on nous annonce ainsi que la route risque à tout moment de se dérober sous nos pieds, du fait même de l’activité humaine.  Le slogan « no future ! » a beau dater du mouvement punk des années 80, il résonne aujourd’hui avec une acuité de plus en plus forte.

Aller de l’Avent

Et pourtant cette méditation s’intitule « aller de l’Avent ». De l’Avent plutôt que de l’avant.

Qu’est-ce que ça change, au fond ?

Le mot Avent, vient du latin adventus, qui signifie lui-même avènement.

Le temps de l’Avent correspond effectivement à cette période de l’année où les chrétiens attendent l’avènement du Christ. Il ne s’agit donc pas seulement de se préparer à la naissance de Jésus dans l’étable de Bethléem, mais de laisser résonner dans nos vies l’annonce du retour triomphant du Christ, selon cette parole qu’il prononce dans le livre de l’Apocalypse : « Je viens bientôt. » [5]

C’est ce que les théologiens appellent la parousie, d’après un terme grec qui signifie « présence ».

Christ de la Parousie legendeDe l’à venir dans le futur

Cette attente change du même coup notre perception du futur. Celui-ci n’est plus seulement à imaginer comme la conséquence des différents facteurs qui déterminent ce qui risque fort de s’y passer, mais il devient le lieu d’une présence, d’une rencontre véritablement salvatrice. Grâce à cette espérance, on pourrait dire qu’il y a de l’à venir dans le futur.

Cela n’enlève bien sûr rien aux prévisions alarmistes des scientifiques, mais cela nous ouvre un espace de liberté, de créativité et d’action qui nous fait du bien. Nous n’allons pas faire que de subir le futur, mais nous pouvons aussi tenter de l’imaginer et de le construire, dans l’écoute de Celui qui est venu sur terre il y a plus de 2000 ans et qui revient à nous pour dire le dernier mot sur notre histoire et sur celle du monde.

Ce que nous croyons, grâce à l’histoire qui a commencé à Noël, c’est que ce dernier mot sera un mot d’amour irrésistible.

Ainsi donc, quand bien même le monde s’effondrerait, nous pourrons continuer de nous réjouir de ce rendez-vous amoureux que le Christ nous a donné et auquel il en train de se rendre.

Et de nous y préparer en conséquence.

En allant simplement de l’Avent.

Bonne semaine à toutes et tous,

Christian Vez

Un amour m’attend jean de la croix

En écho à cette méditation, voici une belle confession de foi de Jean de la Croix, mystique espagnol du 16ème siècle.

Ce qui se passera de de l’autre côté, quand tout pour moi aura basculé dans l’Eternité. Je ne le sais pas ! Je crois, je crois seulement qu’un grand Amour m’attend.

Je sais pourtant qu’alors, pauvre et dépouillé, je laisserai Dieu peser le poids de ma vie. Mais ne pensez pas que je désespère. Non, je crois, je crois tellement qu’un grand Amour m’attend.

Maintenant que mon heure est proche, que la voix de l’Eternité m’invite à franchir le mur, ce que j’ai cru, je le croirai plus fort au pas de la mort. C’est vers un Amour que je marche en m’en allant, c’est vers son Amour que je tends les bras, c’est dans la vie que je descends doucement.

Si je meurs ne pleurez pas, c’est un Amour qui me prend paisiblement. Si j’ai peur ? Et pourquoi pas ! Rappelez-moi souvent, simplement, qu’un Amour m’attend.

Mon Rédempteur va m’ouvrir la porte de la joie, de sa Lumière. Oui, Père ! Voici que je viens vers toi comme un enfant, je viens me jeter dans ton Amour, ton Amour qui m’attend.

 

[1] Expression de Paul Verlaine dans un poème intitule « Chanson d’automne », à lire sur ce lien

[2] Matthieu 6, 34

[3] « Comment tout peut s'effondrer : Petit manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes » Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Anthropocène, Seuil

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropoc%C3%A8ne

[5] Apocalypse 22,12

 

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